La mobylette de Jeddi I
Jeddi
De 35 à 100 €Lire le poème
Derrière Jeddi,
on ne savait pas encore
que ces trajets
deviendraient des souvenirs.
Il y avait le vent
et les routes de notre enfance
qui ne semblaient
ne jamais finir.
Art & Héritage
/aẓwar/nom, amazigh
En amazigh (langue berbère), « aẓwar » désigne la racine, l’origine profonde de quelque chose ou de quelqu’un, ainsi que la veine qui transporte le sang dans le corps.
Tableaux peints par Najlae L.
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Sept œuvres, chacune dans sa couleur. Chaque toile existe en trois formats : 24 × 30, 40 × 50 et 55 × 75 cm.
Jeddi
De 35 à 100 €Derrière Jeddi,
on ne savait pas encore
que ces trajets
deviendraient des souvenirs.
Il y avait le vent
et les routes de notre enfance
qui ne semblaient
ne jamais finir.
Jeddi
De 35 à 100 €Il partait tôt le matin,
revenir avec l’essentiel :
de la menthe fraîche,
une pastèque bien sucrée,
et le cœur léger.
Certains souvenirs
ne tiennent pas dans des mots,
mais dans une image.
Yemma
De 35 à 100 €Ses mains connaissaient la pâte,
le feu et le temps.
Les nôtres connaissent l’attente :
celle du pain encore chaud,
d’un filet d’huile d’olive,
d’un peu de beurre salé.
Diptyque
Deux toiles de 24 × 30 cm, 70 €Rose sur rose,
ils ont dit que s’est-il passé.
J’ai dit à ma mère,
mon cœur est blessé.
Larme sur larme,
dites à mon bien-aimé,
qui est parti sans revenir,
que ainsi va la vie.
Henna
De 35 à 100 €On lui demande quand viendra
le mariage, comme si le temps
jouait contre elle.
Autour d’elle, on murmure :
sera-t-elle cueillie comme la menthe,
ou restera-t-elle enracinée
comme l’oranger ?
Yemma
De 35 à 100 €Les pipas passaient de main en main,
les histoires aussi.
On ne sait plus vraiment
ce qu’elles se racontaient.
Mais on se souvient d’elles,
assises là, ensemble,
comme si c’était hier.
Diptyque
Deux toiles de 24 × 30 cm, 70 €Il y avait Jeddi,
il y avait Henna,
et entre eux, le thé.
Les années avaient
vieilli leurs mains,
jamais leur rituel.
Puis Henna a continué
seule ce que le temps
leur avait appris à partager.
Et dans son thé,
toute une vie à deux.
Aẓwar est né entre mes mains, quelque part entre ce dont je me souviens et ce que je refuse d’oublier. Ces souvenirs que l’on pensait parfois insignifiants : la maison de nos grands-parents, une porte que l’on reconnaîtrait entre mille, les gestes de nos mères et de nos grand-mères, un objet resté des années au même endroit, un trajet derrière, les idées que l’on donnerait beaucoup pour revivre une dernière fois, des choses simples mais qui racontent d’où l’on vient.
J’ai créé Aẓwar pour moi, mais aussi pour nous : pour transformer ces fragments de mémoire en œuvres, faire vivre notre culture autrement et transmettre une partie de cet héritage à ceux qui viendront après nous. Aẓwar, ce sont nos racines, nos souvenirs et notre héritage mis en image. J’espère qu’au fil des œuvres, certaines réveilleront chez vous un visage, un lieu, une odeur, une histoire, peut-être même un souvenir que vous pensiez avoir oublié.
Najlae L.